Chronique du marathonien n°2
Jean-Luc et moi, dans le cadre de notre préparation marathon, sommes allés à Bois-Guillaume hier. Cette ville de la banlieue rouennaise, visiblement bourgeoise, se situe sur les hauteurs de Rouen, dans un cadre calme et agréable, proche d'un bois.
Nous n'étions pas très motivés à l'idée de partir toute la journée pour 21km. Mais pas le choix, n'ayant aucun semi dans les environs ce week-end. Donc décollage à 9h30 de Démouville, 1h30 de route tranquillement, et nous arrivons sur place. L'organisation semble sans faille, pas de problème de stationnement, des dossards très rapides à retirer, bref, cela semble bien parti.
Et commence une longue attente. La course ne commence qu'à 14h. On prend notre temps pour savourer notre gâteau "overstim" en faisant déjà la course dans notre tête. L'objectif est simple: faire la moitié du semi à allure marathon, c'est à dire 4'15" au kilo, puis le reste à allure libre.
13h: départ du 10km, et début de notre échauffement. On regarde les 10bornards partir comme des brutes, le niveau semble relevé. On fait alors un repérage du parcours dans l'autre sens. Aïe, premiers doutes, il y a des bosses. On commence à maudire la gentille dame qui, quelques minutes avant nous disait que le parcours est plat... D'autant plus qu'il y a plein de relances. Mais on n'est pas là pour le chrono, pas de panique, on fait juste un séance dans notre plan de préparation.
Une demi-heure après, on voit le 10km arriver. Le premier est un coureur très puissant, avec des cuisses énormes. Il a fait le trou, et à 300m de la ligne, il ne risque rien. Les visages sont défaits, ils ont mal, c'est de mauvaise augure pour nous... Gros chrono pour le vainqueur, en 31'15".
C'est donc à notre tour. On enfile le maillot du coyote, on s'enduit de crème anti-frottements, et on commence à tergiverser sur le choix des chaussures. Jean-Luc enfile une paire neuve, légère, qui n'a servi qu'à une séance de 2000m... Il les trouvera un peu trop légères à l'arrivée, avec un manque d'amorti... Quant à moi, je me chausse des NB 755, pas trop lourdes, avec un bon amorti. Ce sont celles que je prendrai dans trois semaines.
13h55: on est sur la ligne, le départ est imminent. Dans le cadre d'une expo sur "les enfants de la Terre", c'est Marie-Claire Noah (la maman de Yannick), qui joue au starter.
Et c'est parti. On se cale d'entrée dans l'allure, certains semblent déjà aspirés, on sait qu'on les mangera très vite.
Le premier km est avalé en 4'08, c'est bien, on est juste un peu rapide. Deuxième kilo en 3'50!!! Que se passe-t-il? On n'a pas accéléré??? On verra dans les prochains km. Mais ça continue comme ça: on alterne avec des passages entre 3'50" et 4'50". Impossible qu'on soit aussi peu réguliers! Je me fait la remarque à voix haute, et un régional me dit alors "pas de panique, c'est normal, ce sont les km de Bois-Guillaume, ils sont spéciaux".
Pas moyen de s'étalonner, on va donc faire aux sensations...
Les premiers kilomètres sont très vite avalés, on grignotte petit à petit les autres coureurs.
On arrive comme ça au 10km en 42'15" (objectif de 42'30") donc tout va bien. On décide alors de lâcher les chevaux.
Je laisse Jean-Luc partir à son rythme, il est plus fort, je le sens bien, rien à faire.
J'accélère quand même, trop vite, trop brusquement, mais je ne le sais pas encore... Je suis deux coureurs du CHU de Rouen qui ont l'air réguliers.
15 ème km: le mur, j'explose. Les jambes sont bien, le souffle aussi, mais plus de jus dans la machine. Je continue tant bien que mal, je vois Jean-Luc pas loin, je ne dois pas lâcher. Mais cela devient dur. Les coureurs du CHU sont loin devant. Les bosses se transforment en cols, les relances en virages en épingles. Je commence à voir des étoiles. Au 18ème, je marche 20 secondes, j'ai besoin d'un second souffle.
Une brave dame me dit que c'est la fin, je repars, je ne vois plus Jean-Luc, je dois aller au bout, allez, je ne peux pas finir comme ça.
Tiens, je rattrape un des coureurs du CHU, il est pire que moi, il a explosé. On aborde la dernière ligne droite, entre 400 et 500 m en faux plat montant. Impossible de sprinter, tant pis, il faut quand même essayer de passer en moins d'une heure trente.
Enfin la ligne... 1h29'15"... Incroyable, c'est le temps objectif, à la seconde près, pour le marathon! Mais le problème, c'est que je vois des étoiles! Impossible dans ces conditions d'enfiler un deuxième semi à cette allure. Je me fais une raison: je ne crois pas avoir les trois heures dans les jambes. Un chrono de 3h15 semble plus réaliste. On verra...
Je retrouve Jean-Luc, pas explosé comme moi, mais fatigué quand même. Il est sous les 1h27 tout de même...
C'est avec plaisir qu'on remonte dans la voiture, en rêvant d'une bonne douche...
Les résultats sont ici et les photos là et là. L'album photos est à gauche sur l'écran.
Jean-Luc: 57ème en 1h26'53"
Moi: 76ème en 1h29"15'

Nous n'étions pas très motivés à l'idée de partir toute la journée pour 21km. Mais pas le choix, n'ayant aucun semi dans les environs ce week-end. Donc décollage à 9h30 de Démouville, 1h30 de route tranquillement, et nous arrivons sur place. L'organisation semble sans faille, pas de problème de stationnement, des dossards très rapides à retirer, bref, cela semble bien parti.
Et commence une longue attente. La course ne commence qu'à 14h. On prend notre temps pour savourer notre gâteau "overstim" en faisant déjà la course dans notre tête. L'objectif est simple: faire la moitié du semi à allure marathon, c'est à dire 4'15" au kilo, puis le reste à allure libre.
13h: départ du 10km, et début de notre échauffement. On regarde les 10bornards partir comme des brutes, le niveau semble relevé. On fait alors un repérage du parcours dans l'autre sens. Aïe, premiers doutes, il y a des bosses. On commence à maudire la gentille dame qui, quelques minutes avant nous disait que le parcours est plat... D'autant plus qu'il y a plein de relances. Mais on n'est pas là pour le chrono, pas de panique, on fait juste un séance dans notre plan de préparation.
Une demi-heure après, on voit le 10km arriver. Le premier est un coureur très puissant, avec des cuisses énormes. Il a fait le trou, et à 300m de la ligne, il ne risque rien. Les visages sont défaits, ils ont mal, c'est de mauvaise augure pour nous... Gros chrono pour le vainqueur, en 31'15".
C'est donc à notre tour. On enfile le maillot du coyote, on s'enduit de crème anti-frottements, et on commence à tergiverser sur le choix des chaussures. Jean-Luc enfile une paire neuve, légère, qui n'a servi qu'à une séance de 2000m... Il les trouvera un peu trop légères à l'arrivée, avec un manque d'amorti... Quant à moi, je me chausse des NB 755, pas trop lourdes, avec un bon amorti. Ce sont celles que je prendrai dans trois semaines.
13h55: on est sur la ligne, le départ est imminent. Dans le cadre d'une expo sur "les enfants de la Terre", c'est Marie-Claire Noah (la maman de Yannick), qui joue au starter.
Et c'est parti. On se cale d'entrée dans l'allure, certains semblent déjà aspirés, on sait qu'on les mangera très vite.
Le premier km est avalé en 4'08, c'est bien, on est juste un peu rapide. Deuxième kilo en 3'50!!! Que se passe-t-il? On n'a pas accéléré??? On verra dans les prochains km. Mais ça continue comme ça: on alterne avec des passages entre 3'50" et 4'50". Impossible qu'on soit aussi peu réguliers! Je me fait la remarque à voix haute, et un régional me dit alors "pas de panique, c'est normal, ce sont les km de Bois-Guillaume, ils sont spéciaux".
Pas moyen de s'étalonner, on va donc faire aux sensations...
Les premiers kilomètres sont très vite avalés, on grignotte petit à petit les autres coureurs.
On arrive comme ça au 10km en 42'15" (objectif de 42'30") donc tout va bien. On décide alors de lâcher les chevaux.
Je laisse Jean-Luc partir à son rythme, il est plus fort, je le sens bien, rien à faire.
J'accélère quand même, trop vite, trop brusquement, mais je ne le sais pas encore... Je suis deux coureurs du CHU de Rouen qui ont l'air réguliers.
15 ème km: le mur, j'explose. Les jambes sont bien, le souffle aussi, mais plus de jus dans la machine. Je continue tant bien que mal, je vois Jean-Luc pas loin, je ne dois pas lâcher. Mais cela devient dur. Les coureurs du CHU sont loin devant. Les bosses se transforment en cols, les relances en virages en épingles. Je commence à voir des étoiles. Au 18ème, je marche 20 secondes, j'ai besoin d'un second souffle.
Une brave dame me dit que c'est la fin, je repars, je ne vois plus Jean-Luc, je dois aller au bout, allez, je ne peux pas finir comme ça.
Tiens, je rattrape un des coureurs du CHU, il est pire que moi, il a explosé. On aborde la dernière ligne droite, entre 400 et 500 m en faux plat montant. Impossible de sprinter, tant pis, il faut quand même essayer de passer en moins d'une heure trente.
Enfin la ligne... 1h29'15"... Incroyable, c'est le temps objectif, à la seconde près, pour le marathon! Mais le problème, c'est que je vois des étoiles! Impossible dans ces conditions d'enfiler un deuxième semi à cette allure. Je me fais une raison: je ne crois pas avoir les trois heures dans les jambes. Un chrono de 3h15 semble plus réaliste. On verra...
Je retrouve Jean-Luc, pas explosé comme moi, mais fatigué quand même. Il est sous les 1h27 tout de même...
C'est avec plaisir qu'on remonte dans la voiture, en rêvant d'une bonne douche...
Les résultats sont ici et les photos là et là. L'album photos est à gauche sur l'écran.
Jean-Luc: 57ème en 1h26'53"
Moi: 76ème en 1h29"15'

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