Put... de crampes...
Voilà, 42km plus loin et c'est fini... Au revoir 8 semaines de préparation, au revoir 3 heures 1/2 de souffrances (dans mon cas). Mais positivons: bonjour les apéros, bières, raclettes, bref, tous les excès que je n'ai pas pu faire pendant deux mois...
En tous cas, L'épopée marathonienne se termine pour 2007, voire pour 2008!
Je vais quand même vous raconter un peu ce week-end. Nos résultats sont ci-dessous:
Départ de Caen à 10h45 samedi matin. Mon papa m'accompagne, le week-end passera plus vite... 5h et un pique-nique plus tard, nous voilà au retrait des dossards. Tout semble parfaitement organisé, c'est fluide et rapide. Juste un bémol: mon dossard a une couleur. On m'explique qu'il correspond au sas des 3h30. Mince alors! Je vise 3h15 et je ne vais pas être dans le bon sas. Et ça recommence comme à Paris... Mais je me dis qu'en arrivant assez tôt, je serai en début de sas.
Coup de fil de Jean-Luc. Il est déjà reparti vers son hotel, on se retrouve au départ le lendemain. Commence alors une promenade dans La Rochelle. Je suis un bon guide, je connais bien la ville. Je fais découvrir les ruelles à mon père, on va se boire une petite pression, histoire d'emmagasiner des glucides:-) Puis vient l'heure du repas. Sympa la pasta-party! Super organisation, bon repas, on est dans l'ambiance.
Je n'arrête pas de tapoter sur mon mobile:je suis à 450 km de Caen, et je devrais être à D'Ornano voir Caen infliger une défaite mémorable à Bordeaux! Quelle merde, je rate le plus beau match de la saison. J'ai quand même l'évolution du score en temps réel:5-0. Je peux rentrer me coucher tranquillement.
La soirée est froide, mais le ciel dégagé. Plutôt de bon augure pour demain...
Réveil à 6h. Je m'enfile mon gateau Overstim, je m'enduis d'akiléine, je vérifie la puce, le dossard, ça y est je suis prêt. Aïe! J'ouvre la porte et il pleut. Pas si drôle que ça...
Arrivée à 7h30 au départ. Je retrouve la famille Semelagne, on prend quelques clichés pour le blog (ils suivront), on s'échauffe un peu, pas trop pour ne pas se griller. Puis direction les sas. Jean-Luc est dans celui de devant (-de 3h12), mais il se met en début de sas pour essayer de coller le ballon des 3h. Je fais de même. Ouf, le ballon des 3h15 n'est pas loin, je pourrais me scotcher dès qu'ils enlèveront les barrières...
Enfin, arrive l'heure du départ. Un truc m'ennuie quand même, ça fait 3/4 d'heure que je suis dans le sas, et j'ai une petite envie qui se précise. J'espère que ça va passer en courant.
PAN! Coup de feu, ça ne piétine pas trop, on passe la ligne électronique en 20s. le meneur d'allure des 3H15 vaut 2h23 et a l'air de maîtriser son sujet. Pas besoin de réfléchir, je le suis.
Et là, première merde! Au bout de 5 minutes, la vessie me titille trop, je m'arrête vite fait, on est plusieurs dans le même cas. Le temps de tout vider, et je vois passer le ballon des 3h30!!! je me remets dans le peloton, je me dis que ce n'est pas grave, je me suis entraîné sur des allures de 3h, j'ai de la marge. Et je remonte consciencieusement jusqu'au ballon des 3h15. Quelle erreur... Quelques secondes gagnées au départ seront quelques minutes de perdues... Deuxième erreur dans la foulée: je trouve que le meneur ne vas pas très vite, je me cale un poil plus vite (base de 3h10, 3h12). Aux ravitaillements, je marche le temps de manger deux sucres et de boire un verre d'eau. Le ballon me double, je le rattrape, je le dépasse, et ainsi de suite... Quel con!!! Pourtant, n'importe quel crétin sait que les changements d'allure sont le meilleur moyen d'exploser.
J'entends un "allez Hérouville" assez surprenant: c'est le père d'une élève, juste derrière moi!!! On se voit souvent dans les courses, mais je ne m'attendais pas à ça. On fait un petit bout de route, et je le dépasse, je suis plus rapide que lui:-(
Et voilà le semi. 1h37.Tout est parfait, le souffle intact, l'organisme plutôt bien. Je suis sur la base de 3h14. J'arrive même à répérer mon père parmi les nombreux spectateurs, à lui faire un grand coucou pendant qu'il joue les paparazzi. Tout va bien.
Et commence la deuxième boucle, ainsi que le calvaire... Un premier faux plat, un premier vrai coup de mou. Au 23ème, je suis moins optimiste pour la suite. 25ème: Coup de tonnerre, j'explose! Plus de jus, rien: les changements de rythme, un excès de confiance dans mes capacités, des ravitaillements mal gérés (je n'assimile pas assez vite les pierres de sucre et l'eau, c'était mieux sur la fin quand je prenais leurs boissons glucosées, à méditer...), toutes les excuses sont bonnes pour essayer d'expliquer cette défaillance.
De 3h14 à ce moment, mon temps estimé avec leur puce va petit à petit augmenter. Le père d'élève me rejoint, il m'encourage, veut m'emmener, merci à lui! Mais je n'y arriverai que quelques kilomètres, avant de le voir filer comme un métronome. La régularité paie, qui en douterait?Au 35ème, je suis estimé en 3h18. Ce n'est pas encore catastrophique, je dois pouvoir le faire. C'est sans compter sur les crampes... Saleté d'acide lactique. Il arrive sans prévenir, d'abord un petit point en bas de la cuisse gauche, puis les deux... Et là, ça devient terrible.
Il faut finir au mental. Sauf que je n'en ai pas... Alors je fractionne: j'alterne marche et course à allure très réduite. C'est la cata. Plus de jus, des crampes, des ampoules (la pluie de début de matinée a bien mouillé les chaussures et chaussettes, bonjour les frottements), des pavés (qui a dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions?) déstabilisant la foulée.
Puis la délivrance: les derniers 500m se font dans une haie d'honneur, 3m de large, les gens qui applaudissent et encouragent. L'ambiance est géniale, j'ai le sourire aux lèvres, le sentiment du devoir accompli. Et merde au chrono! Après tout, je viens de me taper 42 bornes. C'est pas donné à tout le monde! Je savoure l'instant (et le ravitaillement aussi), j'ai un beau coupe vent, une bourriche d'huitres, et une médaille...Aucune déception. Et je finis en 3h24, 5minutes de mieux qu'à Paris. J'ai de la marge de progression, je reviendrai...
Je retrouve mon père, on va se manger une salade avant de reprendre la route. Jean-Luc m'appelle, il a explosé au 35ème, après avoir suivi le ballon des trois heures. Les crampes aussi. Il n'arrive même plus à marcher. Nous sommes les forçats de la route...
Le retour est tranquille, je me laisse conduire et me tape un petit roupillon. Demain est un autre jour...
En tous cas, L'épopée marathonienne se termine pour 2007, voire pour 2008!
Je vais quand même vous raconter un peu ce week-end. Nos résultats sont ci-dessous:
| Nom prénom | N° | Tps officiel | Tps réel | Classt | Cat | Rang | /Cat |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Semelagne Jean-luc | 514 | 03:07:19 | 03:07:13 | 651 | SEM | 277 | / 0 |
| CP Ville | Temps 5km | 00:21:20 | |||||
| 14840 Demouville | Temps 10km | 00:42:16 | |||||
| Temps 15km | 01:03:39 | ||||||
| Temps semi | 01:30:11 | ||||||
| Temps 25km | 01:46:38 | ||||||
| Tps 30km | 02:08:16 | ||||||
| Tps 35km | 02:30:32 | ||||||
| Nom prénom | N° | Tps officiel | Tps réel | Classt | Cat | Rang | /Cat |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Leprince Christophe | 2307 | 03:24:37 | 03:24:11 | 1626 | SEM | 599 | / 0 |
| CP Ville | Temps 5km | 00:23:07 | |||||
| 14200 Herouville St Clair | Temps 10km | 00:45:49 | |||||
| Temps 15km | 01:08:37 | ||||||
| Temps semi | 01:36:52 | ||||||
| Temps 25km | 01:54:15 | ||||||
| Tps 30km | 02:18:05 | ||||||
| Tps 35km | 02:43:13 | ||||||
Départ de Caen à 10h45 samedi matin. Mon papa m'accompagne, le week-end passera plus vite... 5h et un pique-nique plus tard, nous voilà au retrait des dossards. Tout semble parfaitement organisé, c'est fluide et rapide. Juste un bémol: mon dossard a une couleur. On m'explique qu'il correspond au sas des 3h30. Mince alors! Je vise 3h15 et je ne vais pas être dans le bon sas. Et ça recommence comme à Paris... Mais je me dis qu'en arrivant assez tôt, je serai en début de sas.
Coup de fil de Jean-Luc. Il est déjà reparti vers son hotel, on se retrouve au départ le lendemain. Commence alors une promenade dans La Rochelle. Je suis un bon guide, je connais bien la ville. Je fais découvrir les ruelles à mon père, on va se boire une petite pression, histoire d'emmagasiner des glucides:-) Puis vient l'heure du repas. Sympa la pasta-party! Super organisation, bon repas, on est dans l'ambiance.
Je n'arrête pas de tapoter sur mon mobile:je suis à 450 km de Caen, et je devrais être à D'Ornano voir Caen infliger une défaite mémorable à Bordeaux! Quelle merde, je rate le plus beau match de la saison. J'ai quand même l'évolution du score en temps réel:5-0. Je peux rentrer me coucher tranquillement.
La soirée est froide, mais le ciel dégagé. Plutôt de bon augure pour demain...
Réveil à 6h. Je m'enfile mon gateau Overstim, je m'enduis d'akiléine, je vérifie la puce, le dossard, ça y est je suis prêt. Aïe! J'ouvre la porte et il pleut. Pas si drôle que ça...
Arrivée à 7h30 au départ. Je retrouve la famille Semelagne, on prend quelques clichés pour le blog (ils suivront), on s'échauffe un peu, pas trop pour ne pas se griller. Puis direction les sas. Jean-Luc est dans celui de devant (-de 3h12), mais il se met en début de sas pour essayer de coller le ballon des 3h. Je fais de même. Ouf, le ballon des 3h15 n'est pas loin, je pourrais me scotcher dès qu'ils enlèveront les barrières...
Enfin, arrive l'heure du départ. Un truc m'ennuie quand même, ça fait 3/4 d'heure que je suis dans le sas, et j'ai une petite envie qui se précise. J'espère que ça va passer en courant.
PAN! Coup de feu, ça ne piétine pas trop, on passe la ligne électronique en 20s. le meneur d'allure des 3H15 vaut 2h23 et a l'air de maîtriser son sujet. Pas besoin de réfléchir, je le suis.
Et là, première merde! Au bout de 5 minutes, la vessie me titille trop, je m'arrête vite fait, on est plusieurs dans le même cas. Le temps de tout vider, et je vois passer le ballon des 3h30!!! je me remets dans le peloton, je me dis que ce n'est pas grave, je me suis entraîné sur des allures de 3h, j'ai de la marge. Et je remonte consciencieusement jusqu'au ballon des 3h15. Quelle erreur... Quelques secondes gagnées au départ seront quelques minutes de perdues... Deuxième erreur dans la foulée: je trouve que le meneur ne vas pas très vite, je me cale un poil plus vite (base de 3h10, 3h12). Aux ravitaillements, je marche le temps de manger deux sucres et de boire un verre d'eau. Le ballon me double, je le rattrape, je le dépasse, et ainsi de suite... Quel con!!! Pourtant, n'importe quel crétin sait que les changements d'allure sont le meilleur moyen d'exploser.
J'entends un "allez Hérouville" assez surprenant: c'est le père d'une élève, juste derrière moi!!! On se voit souvent dans les courses, mais je ne m'attendais pas à ça. On fait un petit bout de route, et je le dépasse, je suis plus rapide que lui:-(
Et voilà le semi. 1h37.Tout est parfait, le souffle intact, l'organisme plutôt bien. Je suis sur la base de 3h14. J'arrive même à répérer mon père parmi les nombreux spectateurs, à lui faire un grand coucou pendant qu'il joue les paparazzi. Tout va bien.
Et commence la deuxième boucle, ainsi que le calvaire... Un premier faux plat, un premier vrai coup de mou. Au 23ème, je suis moins optimiste pour la suite. 25ème: Coup de tonnerre, j'explose! Plus de jus, rien: les changements de rythme, un excès de confiance dans mes capacités, des ravitaillements mal gérés (je n'assimile pas assez vite les pierres de sucre et l'eau, c'était mieux sur la fin quand je prenais leurs boissons glucosées, à méditer...), toutes les excuses sont bonnes pour essayer d'expliquer cette défaillance.
De 3h14 à ce moment, mon temps estimé avec leur puce va petit à petit augmenter. Le père d'élève me rejoint, il m'encourage, veut m'emmener, merci à lui! Mais je n'y arriverai que quelques kilomètres, avant de le voir filer comme un métronome. La régularité paie, qui en douterait?Au 35ème, je suis estimé en 3h18. Ce n'est pas encore catastrophique, je dois pouvoir le faire. C'est sans compter sur les crampes... Saleté d'acide lactique. Il arrive sans prévenir, d'abord un petit point en bas de la cuisse gauche, puis les deux... Et là, ça devient terrible.
Il faut finir au mental. Sauf que je n'en ai pas... Alors je fractionne: j'alterne marche et course à allure très réduite. C'est la cata. Plus de jus, des crampes, des ampoules (la pluie de début de matinée a bien mouillé les chaussures et chaussettes, bonjour les frottements), des pavés (qui a dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions?) déstabilisant la foulée.
Puis la délivrance: les derniers 500m se font dans une haie d'honneur, 3m de large, les gens qui applaudissent et encouragent. L'ambiance est géniale, j'ai le sourire aux lèvres, le sentiment du devoir accompli. Et merde au chrono! Après tout, je viens de me taper 42 bornes. C'est pas donné à tout le monde! Je savoure l'instant (et le ravitaillement aussi), j'ai un beau coupe vent, une bourriche d'huitres, et une médaille...Aucune déception. Et je finis en 3h24, 5minutes de mieux qu'à Paris. J'ai de la marge de progression, je reviendrai...
Je retrouve mon père, on va se manger une salade avant de reprendre la route. Jean-Luc m'appelle, il a explosé au 35ème, après avoir suivi le ballon des trois heures. Les crampes aussi. Il n'arrive même plus à marcher. Nous sommes les forçats de la route...
Le retour est tranquille, je me laisse conduire et me tape un petit roupillon. Demain est un autre jour...
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